
La réduction des rejets de codes Datamatrix sous 0,1% ne dépend pas de la qualité d’impression seule, mais de la maîtrise des dissonances entre les systèmes de vérification internes et externes.
- Un code noté « C » en interne peut être lu « F » chez un répartiteur à cause de micro-variations d’angle de lecture ou de conditions d’éclairage.
- La gestion des exceptions logicielles, comme les numéros de série « orphelins » après un arrêt, est une cause majeure d’erreurs d’agrégation.
- L’interaction physico-chimique entre le support (carton verni) et la technologie de marquage est aussi critique que la résolution de l’imprimante.
Recommandation : Auditez les conditions de lecture de vos partenaires et cartographiez vos processus de gestion d’exceptions pour identifier les points de friction systémiques au-delà de la simple vérification de grade.
La scène est familière pour tout directeur de site pharmaceutique : la ligne de conditionnement s’arrête brusquement. La cause ? Un code Datamatrix rejeté. Pourtant, les vérifications en interne étaient concluantes, le grade obtenu était acceptable. Cette frustration, coûteuse en temps et en productivité, met en lumière une réalité complexe. La conformité à la sérialisation, un pilier de la lutte contre la contrefaçon et un prérequis pour la traçabilité depuis l’entrée en vigueur du règlement délégué 2016/161 impactant 100% de la chaîne, ne se résume pas à imprimer un code et à obtenir une note de passage.
Les solutions conventionnelles se concentrent souvent sur l’amélioration de l’imprimante ou le remplacement du scanner. Si ces éléments sont importants, ils ne constituent qu’une partie de l’équation. Le véritable enjeu, pour atteindre et maintenir un taux de rejet inférieur à 0,1%, se situe ailleurs. Il réside dans la compréhension et la maîtrise des micro-variations et des points de friction invisibles qui existent tout au long de la chaîne logistique et logicielle.
Cet article dépasse les conseils génériques pour se concentrer sur le « pourquoi » des échecs persistants. Nous analyserons les dissonances entre les systèmes de vérification, la gestion critique des exceptions logicielles et les interactions physico-chimiques qui déterminent la lisibilité réelle d’un code. L’objectif n’est pas simplement d’obtenir un « bon grade », mais de garantir une lisibilité infaillible du fabricant au patient. En se penchant sur ces aspects techniques souvent négligés, il devient possible de construire un système de traçabilité véritablement robuste et de transformer la contrainte réglementaire en un avantage opérationnel.
Pour aborder ces défis de manière structurée, nous explorerons les points de friction techniques les plus courants. Ce guide est conçu pour vous fournir des analyses et des solutions concrètes, de la physique du marquage à l’architecture logicielle de votre système de vision.
Sommaire : Maîtriser les points critiques de la sérialisation pour une fiabilité maximale
- Pourquoi un grade C passe en interne mais bloque chez le grossiste répartiteur ?
- Comment gérer les numéros orphelins lors d’un redémarrage après arrêt d’urgence ?
- Laser ou jet d’encre thermique : lequel est le plus lisible sur du carton verni ?
- L’erreur de scanner qui associe le mauvais étui à la caisse d’expédition
- Quand mettre à jour vos logiciels de niveau 3 sans paralyser la production ?
- Comment lire une DLC imprimée sur fond complexe sans erreur ?
- Comment connecter vos vieilles machines sans changer tous les automates ?
- Caméra intelligente ou système PC-based : quelle architecture de vision pour contrôler 10 points par produit ?
Pourquoi un grade C passe en interne mais bloque chez le grossiste répartiteur ?
C’est le paradoxe le plus courant de la sérialisation : un code Datamatrix validé avec un grade C (ou même B) sur votre ligne de production est déclaré illisible par le scanner d’un grossiste-répartiteur. La cause fondamentale n’est pas une dégradation du code, mais une dissonance de vérification. Le grade n’est pas une valeur absolue, mais le résultat d’une mesure dans des conditions spécifiques (éclairage, angle, type de capteur). Une étude sur la mesure des codes-barres a montré que pour un même code, la valeur des grades peut varier entre A et F simplement en fonction de l’angle de rotation du lecteur. La norme ISO/IEC 15415 impose d’ailleurs plusieurs mesures avec rotation pour moyenner le résultat, mais tous les systèmes en aval ne sont pas configurés avec la même rigueur.
La différence peut venir de la technologie du lecteur (caméra vs. laser), de l’intensité et de l’angle de l’éclairage, ou de la vitesse de défilement. Un code imprimé avec une légère distorsion axiale peut passer sur un système de vision interne tolérant mais être rejeté par un scanner manuel plus sensible chez le distributeur. C’est pourquoi viser un grade A en interne est la seule véritable assurance. Comme le souligne un expert d’Axicon France, le système de notation par seuils peut être trompeur :
Avec la version actuelle, deux codes dont le contraste est mesuré à 20% pour l’un et à 38% pour l’autre obtiennent exactement le même grade de 1 (D), qui est non conforme
– Axicon France, Analyse de l’évolution de la norme ISO/IEC-15415
Cette observation met en évidence que deux codes jugés « équivalents » par le grade peuvent avoir des qualités intrinsèques très différentes. La robustesse des codes est également liée à leur capacité de correction d’erreurs, et il est établi que les taux de correction d’erreurs des matrices 2D sont plus élevés que ceux des codes-barres traditionnels, ce qui leur confère un avantage intrinsèque, à condition que l’impression initiale soit de qualité supérieure.
Plan d’action pour diagnostiquer vos grades selon l’ISO/IEC 15415
- Vérifier le contraste de symbole : Assurez-vous que le contraste entre les modules sombres et clairs est suffisant. Un minimum de 20% est requis pour un grade D, mais visez plus de 55% (Grade B) pour une marge de sécurité.
- Analyser la modulation : Détectez les variations locales de contraste à l’intérieur du code. Une mauvaise modulation indique un problème d’uniformité de l’impression ou du substrat.
- Mesurer le « Fixed Pattern Damage » : Identifiez les dégradations du motif de recherche (les bordures en « L »). Si ce motif est endommagé, le scanner ne peut même pas localiser le code pour le lire.
- Contrôler la non-uniformité axiale et de grille : Mesurez la distorsion géométrique du code. Un étirement ou une compression peut rendre la lecture difficile pour les scanners stricts.
- Utiliser le grade décimal (si disponible) : La version 2024 de la norme introduit un grade décimal (ex: 3.5 au lieu de B). Utilisez cet outil pour affiner votre analyse et mieux distinguer deux codes classés B.
Comment gérer les numéros orphelins lors d’un redémarrage après arrêt d’urgence ?
Un arrêt d’urgence sur une ligne de conditionnement crée un problème critique pour la sérialisation : la gestion des numéros de série « orphelins ». Il s’agit des numéros uniques qui ont été générés par le système de niveau 3 (L3), potentiellement envoyés à l’imprimante (niveau 2), mais qui n’ont jamais été physiquement imprimés sur un étui ou dont l’impression n’a pas été vérifiée avant l’arrêt. Si ces numéros ne sont pas correctement réconciliés, ils peuvent soit être considérés comme « mis en circulation » à tort dans la base de données européenne (EMVS), créant des alertes de doublons plus tard, soit être perdus, créant des écarts d’inventaire.
La procédure standard impose de placer physiquement tous les produits se trouvant entre le poste d’impression et le poste de contrôle de l’agrégation dans une zone de quarantaine. Au redémarrage, chaque produit de cette zone doit être scanné manuellement pour vérifier son statut. Le système L3 doit alors comparer la liste des produits scannés avec la liste des numéros envoyés avant l’arrêt. Les numéros qui ont été générés mais ne correspondent à aucun produit physique vérifié doivent être invalidés ou désactivés dans le système. Ce processus de réconciliation est crucial pour maintenir l’intégrité de la base de données de sérialisation.

Des organismes comme France MVO fournissent des outils pour aider à la gestion de ces événements, notamment pour analyser et interpréter les alertes qui pourraient découler d’une mauvaise réconciliation. Comprendre la nature des alertes, comme les alertes de falsification de niveau L5, permet d’identifier rapidement si le problème vient d’une erreur de processus interne ou d’une menace externe. Une gestion rigoureuse des numéros orphelins n’est pas seulement une question de conformité, mais un élément clé de l’efficacité opérationnelle, évitant des enquêtes longues et coûteuses.
Laser ou jet d’encre thermique : lequel est le plus lisible sur du carton verni ?
Le choix de la technologie de marquage est déterminant pour la lisibilité des codes Datamatrix, en particulier sur des substrats complexes comme le carton verni. Le vernis, qu’il soit UV ou aqueux, crée une surface brillante et peu poreuse qui représente un défi pour l’adhérence de l’encre et le contraste. Le débat se concentre souvent sur le laser et le jet d’encre thermique (TIJ), deux technologies aux approches fondamentalement différentes.
Le marquage laser (CO2 ou Fibre/UV) n’ajoute pas de matière mais modifie le substrat. Le laser CO2 procède par ablation, en « brûlant » la couche de vernis pour révéler la couche de carton sous-jacente, créant ainsi un contraste. L’efficacité dépend de la différence de couleur entre le vernis et le carton. Le laser UV, quant à lui, provoque une réaction photochimique directement dans le vernis ou l’encre du packaging, changeant sa couleur sans altérer la surface. Cette méthode offre une très haute précision mais requiert des vernis spécifiquement formulés pour réagir au rayonnement UV. Le jet d’encre thermique (TIJ) projette de minuscules gouttes d’encre qui doivent adhérer à la surface du vernis. Son succès dépend de la compatibilité chimique entre l’encre et le vernis. Des encres à base de solvant ont été développées pour « mordre » légèrement la surface du vernis et assurer une excellente adhérence et un temps de séchage quasi instantané.
La technologie TIJ est particulièrement appréciée dans l’industrie pharmaceutique car elle peut atteindre des résolutions très élevées. En effet, le jet d’encre thermique peut imprimer des codes haute résolution jusqu’à 600 ppp, ce qui permet de produire des codes Datamatrix très nets et bien définis, même de petite taille. Le tableau suivant synthétise les caractéristiques clés de chaque technologie sur support verni.
| Technologie | Principe | Qualité sur vernis | Résolution |
|---|---|---|---|
| Laser CO2 | Ablation du vernis pour révéler le carton | Bonne si vernis adapté | Variable selon puissance |
| Laser Fibre/UV | Réaction photochimique avec le vernis | Excellente avec vernis spécifique | Très haute précision |
| Jet d’encre continu | Projection de gouttes d’encre en continu | Qualité moyenne, codes en matrice de points | Limitée |
| Jet d’encre thermique | Projection thermique de gouttes d’encre | Excellente adhérence possible | Jusqu’à 600 ppp |
En définitive, il n’y a pas de vainqueur absolu. Le choix dépend de la nature du vernis, des contraintes de vitesse de ligne et des coûts d’intégration. Cependant, pour une flexibilité maximale sur une grande variété de cartons vernis, le laser UV et le jet d’encre thermique avec des encres spécifiques offrent généralement les résultats les plus fiables et les grades les plus élevés.
L’erreur de scanner qui associe le mauvais étui à la caisse d’expédition
L’un des échecs les plus critiques de la sérialisation est l’erreur d’agrégation, où le système associe un numéro de série d’étui à la mauvaise caisse ou palette. Cette désynchronisation d’agrégation peut survenir à cause d’une erreur humaine, d’un défaut de capteur, ou d’une mauvaise conception du processus. Par exemple, un opérateur peut scanner un étui, mais le placer dans la caisse voisine par inadvertance, ou le système peut enregistrer un scan alors que l’étui est tombé de la ligne. Le résultat est une rupture de la filiation (« parent-enfant ») entre les niveaux de conditionnement, ce qui rend la traçabilité caduque et peut déclencher des alertes massives lors du décommissionnement en aval.
Le rôle du scan est central à chaque étape de la chaîne. Comme le précise un guide de l’OMEDIT Île-de-France, la finalité du système repose sur la lecture à la dispensation : « En ville ou en établissement de santé, le pharmacien, en scannant les boîtes, interrogera la base de données nationale qui lui garantira l’authenticité du produit délivré ». Si l’agrégation est fausse, le scan du pharmacien sur une caisse entière remontera une incohérence, jetant le doute sur tout un lot. Pour prévenir ces erreurs, un protocole de vérification rigoureux est indispensable, combinant actions système et points de contrôle humain.
La fiabilisation du processus d’agrégation repose sur une série de barrières techniques et organisationnelles :
- Confirmation multi-sensorielle : Le système doit fournir une confirmation claire (sonore et visuelle, comme un voyant vert) après chaque scan réussi, avant que l’opérateur ne place l’étui dans la caisse.
- Scan de la destination : Le processus doit inclure un scan de l’identifiant de la caisse avant de commencer à la remplir, puis un scan final une fois la caisse complète pour valider l’ensemble des associations.
- Contrôle pondéral : Pour les productions à haute cadence, un contrôle de poids en fin de ligne peut détecter des caisses auxquelles il manquerait un ou plusieurs étuis, signalant une potentielle erreur d’agrégation.
- Procédure de dé-commissionnement claire : En cas d’erreur détectée, l’opérateur doit pouvoir facilement dé-commissionner un étui d’une caisse dans le logiciel de niveau 3, sans avoir à invalider toute la caisse.
La robustesse de l’agrégation ne se mesure pas seulement à la qualité des scanners, mais à l’intelligence du processus qui encadre leur utilisation et qui prévoit des mécanismes de correction d’erreur simples et rapides.
Quand mettre à jour vos logiciels de niveau 3 sans paralyser la production ?
La mise à jour d’un logiciel de niveau 3 (L3), le cerveau de votre système de sérialisation qui gère les numéros de série et communique avec les bases de données nationales (NMVS), est une opération à haut risque. Une mise à jour mal planifiée peut entraîner un arrêt complet de la production, des pertes de données de sérialisation ou des erreurs de communication avec les autorités. La clé n’est pas d’éviter les mises à jour, qui sont essentielles pour la sécurité et la conformité, mais de les planifier avec une stratégie qui minimise l’impact opérationnel.
Le timing est crucial. Les mises à jour doivent être effectuées pendant les arrêts de production planifiés (maintenance annuelle, inter-campagnes). Il faut prévoir une fenêtre de temps suffisante non seulement pour l’installation, mais aussi pour une phase de tests et de validation complète (Qualification d’Installation, QI, et Qualification Opérationnelle, QO) dans un environnement de test miroir avant le déploiement en production. Cette validation doit simuler des scénarios réels : génération de numéros, impression, vérification, agrégation, et communication avec une version de test de l’EMVS.
Parfois, les mises à jour sont imposées par des évolutions externes, comme la migration des systèmes NMVS. Par exemple, France MVO a informé les industriels d’une migration vers l’Oracle Sovereign Cloud (OSC) qui nécessite un changement des URLs de connexion. Pour faciliter cette transition, une période de coexistence des anciennes et nouvelles API est prévue jusqu’au quatrième trimestre 2026. Cette fenêtre de temps est une opportunité pour les entreprises de planifier la mise à jour de leurs systèmes L3 sans précipitation. Anticiper ces changements réglementaires et techniques est la marque d’une gestion de projet de sérialisation mature.
La stratégie de mise à jour doit inclure un plan de retour en arrière (rollback) détaillé. Si la nouvelle version présente un problème critique non détecté lors des tests, l’équipe doit être capable de revenir rapidement à la version précédente stable pour limiter le temps d’arrêt. La communication entre le fournisseur du logiciel L3, l’équipe IT interne et les responsables de production est la pierre angulaire d’une mise à jour réussie.
Comment lire une DLC imprimée sur fond complexe sans erreur ?
La lecture de la Date Limite de Consommation (DLC) et du numéro de lot, souvent imprimés près du code Datamatrix, est un défi classique pour les systèmes de vision (OCR – Optical Character Recognition). Les difficultés proviennent de la variabilité des fonds (motifs, couleurs, textures), des reflets sur les emballages brillants, et de la qualité parfois inégale de l’impression des caractères. Une erreur de lecture de la DLC peut être aussi bloquante qu’un code Datamatrix illisible. Cependant, la technologie derrière le Datamatrix lui-même offre une partie de la solution.
La robustesse du code Datamatrix est intrinsèquement supérieure à celle d’un texte classique grâce à son algorithme de correction d’erreur Reed-Solomon (ECC200). Cette technologie permet de reconstituer l’information complète même si une partie du code est endommagée, masquée ou mal imprimée. La structure du code est conçue pour garantir la lisibilité même en conditions dégradées. Le scan d’un code GS1 DataMatrix permet d’extraire instantanément et sans ambiguïté les données critiques, incluant potentiellement la DLC et le lot si le standard est correctement appliqué, réduisant la dépendance à l’OCR faillible.

Lorsque la lecture OCR de la DLC reste nécessaire, les systèmes de vision modernes utilisent des algorithmes avancés. Ils ne se contentent pas de lire les caractères, mais appliquent des filtres pour améliorer le contraste, normaliser l’éclairage et segmenter les caractères du fond. Des techniques basées sur l’intelligence artificielle (deep learning) permettent d’entraîner le système à reconnaître des caractères sur des fonds très complexes ou avec des polices de caractères inhabituelles. La clé est de disposer d’un système de vision capable d’appliquer des chaînes de traitement d’image spécifiques à chaque type de produit, plutôt qu’un réglage unique pour toute la production.
La solution la plus robuste est souvent hybride : prioriser l’encodage de la DLC et du lot directement dans le Datamatrix (conformément aux standards GS1) et n’utiliser l’OCR que comme une vérification de présence ou de cohérence de l’information imprimée en clair. Cela permet de bénéficier de la fiabilité du Datamatrix pour les données critiques tout en assurant la lisibilité pour le patient.
Comment connecter vos vieilles machines sans changer tous les automates ?
L’intégration de la sérialisation sur des lignes de production existantes se heurte souvent à la présence de machines plus anciennes, dont les automates (PLC) ne communiquent pas via des protocoles modernes comme l’OPC-UA. Remplacer l’ensemble du parc de machines est une solution économiquement irréaliste. La solution passe par le retrofitting intelligent, qui consiste à ajouter une couche de communication et de capteurs modernes sur l’équipement existant pour l’intégrer dans l’écosystème de sérialisation.
Le principe est de contourner l’automate « boîte noire » de la vieille machine. Au lieu de tenter de s’y interfacer directement, on ajoute des capteurs externes (photoélectriques, à ultrasons) à des points stratégiques de la machine pour détecter le passage d’un produit, déclencher une action (comme une impression) et vérifier son résultat. Ces capteurs sont connectés à un « Edge Device » ou une passerelle IoT. Ce petit boîtier industriel agit comme un traducteur : il collecte les signaux simples (tout ou rien) des capteurs et les convertit en informations structurées transmises au système L3 via le réseau de l’usine.
Cette approche modulaire permet non seulement de connecter des machines hétérogènes, mais aussi de renforcer la sécurité du réseau. Il est crucial d’isoler ces anciennes machines, potentiellement vulnérables, du reste du réseau informatique de l’entreprise. Pour ce faire, plusieurs stratégies peuvent être combinées :
- Passerelles IoT sécurisées : Elles servent de pont entre la machine et le réseau, en filtrant les communications.
- Segmentation réseau (VLAN) : Créer un réseau virtuel dédié uniquement aux équipements de la ligne de production pour les isoler du réseau bureautique.
- Diodes de données : Pour les cas les plus critiques, ces dispositifs matériels n’autorisent la communication que dans un seul sens (de la machine vers le système L3), rendant toute attaque depuis le réseau impossible.
- Capteurs externes : Ils permettent une synchronisation indépendante de l’automate de la machine, offrant une source de données fiable.
En adoptant une stratégie de retrofitting, il est possible d’intégrer pleinement des équipements vieillissants dans un processus de sérialisation moderne et sécurisé, prolongeant leur durée de vie et optimisant le retour sur investissement.
À retenir
- La fiabilité d’un code Datamatrix ne se limite pas à son grade d’impression, mais dépend de la cohérence des conditions de lecture sur toute la chaîne logistique.
- La gestion proactive des exceptions logicielles (numéros orphelins, erreurs d’agrégation) est aussi cruciale que la performance du matériel d’impression et de vision.
- Le choix technologique, qu’il s’agisse du marquage, de la vision ou de la connectivité, doit être adapté au contexte spécifique de chaque ligne de production (substrat, machine, cadence).
Caméra intelligente ou système PC-based : quelle architecture de vision pour contrôler 10 points par produit ?
Pour un contrôle qualité complexe impliquant la vérification de 10 points distincts sur chaque produit (code Datamatrix, DLC, numéro de lot, présence de témoins d’inviolabilité, positionnement de l’étiquette, etc.), le choix de l’architecture de vision est stratégique. Les deux approches principales sont la caméra intelligente (ou « smart camera ») et le système PC-based, chacune avec ses avantages et ses limites pour une telle application.
La caméra intelligente est un système autonome qui intègre le capteur, l’optique, l’éclairage et le processeur de traitement d’image dans un seul boîtier. C’est une solution décentralisée : chaque caméra sur la ligne effectue son propre traitement et envoie un simple résultat (OK/NOK) au système de supervision. Pour contrôler 10 points, cela pourrait impliquer l’installation de plusieurs caméras intelligentes, chacune dédiée à une ou deux tâches. L’avantage est la simplicité d’intégration et la redondance : si une caméra tombe en panne, les autres continuent de fonctionner. Cependant, la puissance de traitement de chaque caméra est limitée, et la synchronisation entre plusieurs caméras pour des inspections complexes peut devenir un défi.
Le système PC-based, à l’inverse, est une architecture centralisée. Plusieurs caméras « simples » (parfois appelées « dumb cameras ») sont connectées à un unique PC industriel puissant. Ce PC centralise la réception de toutes les images et effectue l’ensemble des 10 inspections de manière coordonnée. L’avantage principal est la puissance de traitement et la flexibilité. Un PC peut exécuter des algorithmes beaucoup plus complexes et gourmands en ressources, combiner les informations de plusieurs caméras pour une inspection globale (par exemple, vérifier la position relative entre le code et l’étiquette), et être plus facilement mis à jour avec de nouveaux logiciels. Pour une application à 10 points de contrôle, un système PC-based est souvent plus évolutif et performant, car il permet de gérer une logique d’inspection globale et d’ajouter de nouveaux contrôles sans changer le matériel des caméras.
En conclusion, pour une tâche simple et répétitive, la caméra intelligente est souvent suffisante. Mais pour une application multi-points comme la vérification de 10 éléments, qui demande puissance, flexibilité et coordination, l’architecture PC-based offre une solution plus robuste et pérenne. Elle représente un investissement initial potentiellement plus élevé mais assure une plus grande capacité d’adaptation aux futurs besoins de contrôle qualité.
Pour passer sous la barre des 0,1% de rejet, l’étape suivante consiste à auditer précisément ces points de friction sur vos lignes de production et à choisir l’architecture technologique qui correspond non seulement à vos besoins actuels, mais aussi à vos exigences futures en matière de traçabilité.